CONFÉRENCES 2022

Le Mardi 08 Novembre :

VOILIERS EN PÊCHE

Alain PICHON

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Alain PICHON,

Réalisateur de « Septembre 1930, thoniers dans la tempête », s’est plongé dans les archives de la Cinémathèque de Bretagne afin de retrouver les traces filmées des voiliers en pêche des années 1930 aux années 1940, avant la généralisation de la motorisation et a disparition progressive de la voile de travail.

Aidé par son équipe, il en a fait un montage inédit et original où, de la pêche au loin à la pêche côtière, terre-neuviers, thoniers, dragueurs, sardiniers, côtiers, caseyeurs, goémoniers et sauveteurs en mer se succèdent. On y découvre le quotidien des hommes, les techniques de voile et de pêche, un sauvetage, les conditions de travail et de vie des marins d’alors.

A l’aube du cinéma, le monde des pêcheurs a fasciné les réalisateurs amateurs et professionnels. Ces derniers ont saisi des images, des instantanés, sans doute conscients de la fugacité d’une communauté maritime quelque peu en marge de la modernité et menacée par elle. Ces films ont parfois été sauvegardés, en particulier par les cinémathèques.

Le film, muet, est rythmé par des « cartons », textes tels qu’ils existaient au début du cinéma.

En alternance avec les images, ils permettent de contextualiser et d’accompagner les spectateurs et spectatrices dans cette grande époque de la « voile de travail ».

Présenté à la 13ème édition du festival de films Pêcheurs du monde de Lorient en mars 2022, ce film, premier de la série « L’image du pêcheur à travers le cinéma documentaire », est une fenêtre sur l’histoire des communautés de marins pêcheurs, la dynamique des littoraux et la vitalité des territoires. Il s’inscrit dans une démarche de valorisation du patrimoine et dans la compréhension de l’évolution du milieu maritime.

Le Mardi 11Octobre :

LA DISSUASION NUCLEAIRE FRANÇAISE

Michel LE COZ

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Michel Le Coz

A servi comme Officier-marinier supérieur dans la Marine nationale

au sein de la F.O.S.T (SNLE et CTM)

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En cette période incertaine où le président Poutine menace l’occident du feu nucléaire et qu’en riposte aux menaces proférées, le président français maintient 3 SNLE sur 4 à la mer ainsi que des Rafales ASMPA en alerte, examinons, ensemble, en quoi consiste notre arsenal et quelle est sa doctrine d’emploi.

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Le Mardi 13 Septembre :

LE CROSS ETEL

Nicolas RENAUD

Administrateur en chef

des affaires maritimes


Directeur CROSS-A / CNSP / CACEM
Centre Régional Opérationnel

de Surveillance et de Sauvetage d'Etel

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Depuis 55 ans, les voix du Centre Régional Opérationnel de Surveillance et de Sauvetage d'Atlantique  résonnent de l’autre côté du   canal 16.

De la pointe de Penmarc’h à la frontière espagnole, le CROSS-A Etel veille et assure la sécurité de l'ensemble des usagers de la mer.

Sous l'autorité du Préfet Maritime de l'Atlantique, il coordonne les moyens terrestres, nautiques et aériens engagés dans les opérations de recherche et de sauvetage.

En collaboration étroite avec les administrations qui interviennent en mer et la chaîne de l'aide médicale en mer, les femmes et les hommes du CROSS-A ont conduit en 2021 plus de 3600 opérations.

Le CROSS Etel héberge le Centre National de Surveillance de Pêche qui assure, en temps réel, le recueil des données de captures, le suivi des navires de pêche et la coordination des moyens maritimes et aériens dans le cadre du contrôle de cette activité.

Il héberge également depuis 2017, le centre d'appui au contrôle de l'environnement marin.

Le Mardi 14 Juin :

ZÉPHYR ET BOREE

Nils JOYEUX

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Officier de la marine marchande de formation, Nils Joyeux a travaillé en qualité de lieutenant et d'officier mécanicien sur différents types de navires marchands.

Passionné par les innovations technologiques du monde maritime il veut participer activement à la transition énergétique qui s'impose en ce début de siècle.

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Après avoir utilisé des carburants fossiles pour propulser les navires de commerce durant les 120 dernières années, comment réussir la décarbonation du  shipping ?

Quelle peut être la place de la voile mais aussi des carburants alternatifs :

bio-carburants, carburants de synthèses, hydrogène dans le mix énergétique de demain ? 

Le décollage se rapproche à grands pas. Fin 2022, un roulier d’un nouveau genre de 121 mètres de long, équipé d’ailes rigides dont la technologie vient tout droit de la Coupe de l’America, mettra les voiles pour traverser l’Atlantique et livrer le lanceur de la fusée Ariane 6 à Kourou, en Guyane. Nils Joyeux, jeune officier, à l’origine du projet Canopée de Zéphir & Borée qui fait le pari de la propulsion éolienne couplée à une motorisation GNL, nous raconte cette aventure qui impulse un vrai élan dans la course à la décarbonation.

Le Mardi 10 Mai :

LORIENT ET LA MER

Christophe CERINO

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Ingénieur de recherche & enseignant en Histoire maritime

à L’Université de Bretagne-sud – UMR CNRS 9016

                                                   «Temps, Mondes, Sociétés »

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Représentations, relations au patrimoine et développements muséographiques dans une ville portuaire de la reconstruction (1945-2021

Il est impossible de comprendre le rapport des Lorientais à l’histoire de leur cité, dans la seconde moitié du XXe siècle, sans prendre en considération les polytraumatismes d’une population qui a perdu l’intégralité de son cadre de vie sous les bombardements de 1943.

À partir des années 1960, c’est à travers quelques grands événements à dimension commémorative que les Lorientais commencent à réaffirmer leur héritage culturel maritime alors que la ville entre dans un nouveau cycle de développement.

De la « commotion mémorielle » et l’éradication cathartique des traces anciennes dans l’immédiat après- guerre, jusqu’à la multiplication des initiatives culturelles maritimes, en passant par l’implication des acteurs locaux, associatifs et institutionnels pour relancer les processus de production des connaissances et de valorisation du passé, Lorient a pu trouver, en quelques décennies des chemins de résilience après les traumatismes de la guerre. Il en résulte un ensemble d’équipements muséographiques et culturels dispersés, dont nous rappellerons l’offre, avant de réfléchir aux possibles voies de mise en cohérence.

Le Mardi 12 Avril :

Les grands défis de la SNSM

En ce début du XXI ème siècle

Par LE Contre-amiral (2S) Pierre MARTINEZ

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Délégué du Morbihan pour la SNSM

Héritière des associations philanthropiques du 19ème siècle qui avaient pour vocation de porter secours aux naufragés le long des côtes françaises, la SNSM, créée en 1967,  est en perpétuelle évolution pour s’adapter aux besoins nouveaux de son engagement, issus d’usages nouveaux de la Mer, de populations nouvelles d‘usagers de la Mer, de profils nouveaux des membres qui rejoignent l’association, et d’un contexte réglementaire, juridique, sociétal lui même extrêmement changeant, et toujours plus exigeant.

Il lui faut agir dans tous les domaines, technologie, innovation, maintenance assistée par ordinateur, management, formation des sauveteurs...  et bien évidement : communication.

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Aujourd’hui, la SNSM se bat pour préserver son modèle historique qui repose sur deux piliers : le bénévolat des sauveteurs en Mer et le recours à la générosité du public pour la majorité de ses ressources financières. Il ne s’agit pas là d’une démarche nostalgique mais du constat qu’au delà du service rendu au sein du dispositif national de sécurité en Mer, la SNSM contribue à la manifestation de magnifiques valeurs de solidarité, d’engagement et de courage, dans ses rangs comme dans la population de ses fidèles soutiens.

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C’est un combat permanent dont les clés sont l’efficacité opérationnelle des interventions de sauvetage et d’assistance réalisées, la sympathie générée auprès des donateurs potentiels, le sentiment pour les sauveteurs d’êtres utiles et de savoir leur engagement reconnu.

 

En ce début de 21ème siècle, la solidarité des gens de Mer a encore une signification, la SNSM y puise sa motivation et entend y tenir sa place.

Le Mardi 08 Mars :

La transition énergétique

dans la construction navale

Par Yannick BIAN

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Directeur Général

Chantier A C B S

Au XXe siècle la technique de construction des navires de pêche en bois dominait aux Sables d’Olonne. Dans le contexte de relance économique de l’après-guerre, les rives de la Ria voient l’arrivée de 2 Sablais, Herbert et Héraud, qui achètent un terrain de 650 m2 à Mané Bras. Ils creusent, à la dynamite de roche, une cale de lancement et installent un hangar-atelier avec bureaux, salle de traçage et une étuve dite la « bouzine ». Entre 1948 et 1979 ,193 bateaux vont sortir du chantier. L’entreprise compte alors 46 salariés.

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  • En 1979 un premier virage, ou plutôt un premier changement de cap, avec la reprise du chantier par les fils Héraud Paul et Yvon. La plus importante est le changement de matériaux avec le passage du bois à l’acier ce qui entraine un changement des méthodes de travail et également la construction d’un nouvel atelier. Entre 1980 et 1991 le chantier se spécialise dans la construction de barges ostréicoles et de chalutiers en acier d’une taille comprise entre 15 à 25 m. Alors que le chantier bat son plein, l’Europe, en 1991, demande une diminution considérable de l’effort de pêche et lancera le plan Mellick.

  • Depuis 2013, le chantier doit relever le défi de la construction de navires à faible empreinte carbone : aluminium, navires électriques et hydrogènes.

Le Mardi 08 Février :

Le sous-marin MINERVE

L'épave retrouvée 51 ans après le naufrage

Par Jean-Yves LE LAN

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Le sous-marin Minerve était un sous-marin diesel-électrique de la Marine française de la classe Daphnée.
Il était appelé sous-marin de « 800 tonnes » comme les autres sous-marins de ce type et dit à « hautes performances ». Cette dernière qualification se justifiait par le fait que les sous-marins de cette classe étaient les premiers de la Marine française à pouvoir plonger à trois cents mètres et qu’ils avaient une bonne aptitude à changer rapidement d’immersion.

Il fut lancé le 31 mai 1961 aux chantiers Dubigeon à Nantes.
Le 27 janvier 1968, lors d’un en- traînement au large de Toulon, il sombra.

Des recherches furent effectuées immédiatement pour essayer de le localiser et de sauver l’équipage mais sans succès. Un long silence suivit cette disparition et ce ne fut qu’en février 2019 que la ministre des Armées, Florence Parly, annonça la reprise des recherches. Ces recherches aboutir le 22 juillet 2019 par la découverte des restes du sous-marin par plus de 2 000 mètres de profondeur.

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À l’occasion de la découverte de l’épave de la Minerve, deux cérémonies distinctes se déroulèrent en septembre 2019 à la demande des familles. Une première, ouverte à tous, eut lieu à Toulon le 14 septembre avec une messe à l’église Saint-Jean Bosco dans le quartier du Mourillon suivie d’un moment de recueillement au Monument national des sous-mariniers et l’autre, intime, uniquement réservée aux familles des marins disparus eut lieu en mer, le lendemain, à l’aplomb de l’épave.

Le Mardi 11 Janvier :

LE SOLEIL D'ORIENT

 

René ESTIENNE

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SOLEIL D'ORIENT

Raison d’être du chantier naval délimité le 31 août 1666 au pied de la « montagne » du Faouëdic, le Soleil d’Orient, vaisseau amiral emblématique de la Compagnie des Indes orientales, est indissociable de la création de Lorient. Sa disparition dans l’océan Indien en 1681, de retour du Siam, en fait une des épaves historiques les plus recherchées au monde.

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En dépit de cette célébrité, il est extrêmement difficile de se faire une idée précise de ce qu’il était vraiment, faute d’une description d’époque complète et irréfutable. Se lancer dans sa reconstitution est donc un travail méticuleux et de longue haleine. Nous bénéficions pour ce faire de quelques témoignages, de rares documents, des premiers traités de construction navale européens et des informations demandées par Colbert et Louis XIV, personnellement très impliqués dans la création et la mise en œuvre rationalisée des outils de la puissance maritime du royaume de France.

Leurs exigences entraînent une révolution dans la conception des vaisseaux et la diffusion des connaissances, exploitées depuis quelques décennies par les chercheurs en archéologie navale. Conjuguée à une meilleure accessibilité des sources sur Internet, cela nous permet d’en savoir aujourd’hui beaucoup plus, sans aboutir encore à un résultat définitif. Nous essayerons de partager le plaisir que nous avons à essayer de nous mettre, très humblement, dans la peau d’un petit charpentier de Marine virtuel du XVIIe siècle.